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Preuves Qualiopi : au 1er novembre, l’audit se juge sur le décret, pas sur le guide V9

Le guide encore en ligne date de janvier 2024. Les seuils des indicateurs 19 et 20 ne sont pas parus. Les preuves — taux, sous-traitance, distanciel — se montent maintenant.

Louis CuvelierCo-fondateur
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Le 1er novembre 2026, un audit Qualiopi se juge sur le décret, pas sur le guide des auditeurs.

Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 , publié au Journal officiel du 4 août (NOR TRSD2619632D), remplace l’annexe du référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences. Son article 2 est net : « Le présent décret entre en vigueur le 1er novembre 2026. » Jusque-là, le référentiel issu du décret n° 2019-565 reste la base. Après, c’est celui-ci.

Consultée le 25 août, la page du ministère du Travail  sert encore le guide de lecture V9 du 8 janvier 2024. Les arrêtés qui doivent chiffrer les seuils des indicateurs 19 et 20 n’étaient pas parus à cette date. AEF Info  a rendu compte, le jour de la parution, d’exigences pédagogiques renforcées. Le texte, lui, est déjà opposable à une date.

Les preuves — taux publiés, sous-traitance, suivi à distance — se montent maintenant, sans attendre le mode d’emploi.

Ce que le 1er novembre rend opposable

Le décret ne réécrit pas les sept critères de l’article R. 6316-1. Il remplace le tableau des indicateurs d’appréciation. Il passe de 32 à 33 lignes. L’indicateur 33 n’est coché que pour les actions de formation par apprentissage, au sens du 4° de l’article L. 6313-1. L’ANFH  recoupe ces dates et ce décompte.

La date qui compte n’est pas celle de la publication, le 4 août. C’est celle de l’audit. Un audit ouvert jusqu’au 31 octobre s’appuie encore sur l’annexe actuelle. Un audit ouvert à compter du 1er novembre s’appuie sur la nouvelle. Ce n’est pas une phrase supplémentaire du Journal officiel : c’est la lecture directe de l’article 2. Certiforma  et Formation professionnelle mag  le formulent ainsi ; le décret, lui, se contente de fixer le jour.

Les visas rappellent l’avis de la Commission nationale de la négociation collective, de l’emploi et de la formation professionnelle du 8 juillet 2026, et la délibération de France compétences du 15 juillet. Le texte est pris. Il n’attend pas un guide pour exister.

Certains établissements d’enseignement supérieur sont réputés satisfaire à Qualiopi au titre de l’article L. 6316-4 — HCERES, EESPIG, CTI. L’obligation vise d’abord les fonds des financeurs de l’article L. 6316-1. Si vous reconstituez un dossier d’audit, vous n’êtes pas dans ce cas.

Le guide V9 n’est plus le texte de l’audit

Le guide de lecture n’est pas le référentiel. La page du ministère  le dit depuis longtemps : il mentionne, pour chaque indicateur, « le niveau attendu » et « des éléments de preuve donnés à titre d’exemple ». Depuis le 1er janvier 2022, Qualiopi est obligatoire pour bénéficier des fonds visés à l’article L. 6316-1. Le guide aide l’auditeur à lire. Il ne tient pas lieu d’annexe.

Or, au 25 août 2026, cette page porte encore « Mis à jour le 08/01/2024 ». Elle sert le « Guide de lecture du référentiel national Qualiopi | Janvier 2024 ». Elle décrit encore 22 indicateurs de tronc commun plus 10 spécifiques — le découpage d’avant le décret. Opens, le 17 août , constatait déjà que le guide actualisé n’était pas publié.

Digi-Certif  et Certiforma  écrivent que le nouveau guide sera publié avant le 1er novembre. Le décret n’en fait pas une condition. Rien, dans l’article 2, ne suspend l’entrée en vigueur à la parution d’une V10. Attendre le mode d’emploi, c’est attendre un document que le ministère n’a pas encore servi.

Pour un responsable qualité, la conséquence est concrète. Les exemples de 2024 peuvent encore décrire des pièces utiles. Ils ne décrivent plus le libellé que l’auditeur lira en novembre. Consigner les preuves sur le V9, c’est consigner des preuves sur un texte qui n’est plus opposable.

Les preuves que le décret nomme déjà

Trois exigences n’attendent aucun arrêté.

Les taux publiés. L’indicateur 1 exige une information « accessible au public, détaillée et vérifiable ». La communication « ne comporte aucune mention de nature à induire le public en erreur », notamment sur l’accès, le contenu, les modalités pédagogiques, le financement, et « les droits ou l’absence de droits de poursuite d’études conférés par la formation préparée ». Pour une école, cette dernière clause n’est pas un détail : un titre qui laisse croire à une poursuite d’études qu’il ne confère pas tombe sous le libellé. L’indicateur 2 ajoute que le prestataire diffuse des indicateurs de résultats « en précisant de manière transparente leurs modalités de calcul ou en s’appuyant sur des dispositifs existants ». Un chiffre sans méthode n’est plus une information : c’est une mention à risque. Digi-Certif  recoupe ces deux libellés ; le Journal officiel les porte.

La sous-traitance, dans le contrat. L’indicateur 27 vise la sous-traitance et le portage salarial. Le prestataire s’assure du respect de la conformité au référentiel « et en assure la traçabilité dans les contrats de sous-traitance ». La preuve n’est plus seulement un avenant, un mail ou un audit interne : elle est dans le contrat. Si vos intervenants externes tiennent des modules, la clause existe maintenant, ou elle manquera le jour de l’audit.

Le suivi à distance, effectif. L’indicateur 19, lorsque des modules sont réalisés à distance, demande de vérifier « l’effectivité de leur suivi par les apprenants ». Ce n’est pas l’existence d’une plateforme. C’est la preuve que l’apprenant a suivi. Formation professionnelle mag  oppose l’effectivité à l’existence : un LMS ouvert ne tient pas lieu de suivi. Le décret ne dit pas comment mesurer. Il dit que l’on mesure.

Deux autres libellés, moins cités dans les revues, changent déjà le dossier. L’indicateur 32 ajoute à l’amélioration continue « une analyse des risques sur la qualité des formations délivrées ». L’indicateur 33, propre à l’apprentissage, exige un dispositif d’évaluation des contenus et des enseignements par les apprenants, « distinct du recueil général de satisfaction », dont les résultats sont partagés avec les équipes pédagogiques, et dont l’efficacité est mesurée périodiquement. Un questionnaire unique de satisfaction ne couvre plus les deux.

Deux seuils absents ne suspendent pas le reste

Deux phrases du décret renvoient à un arrêté du ministre chargé de la formation professionnelle. Aucun de ces arrêtés n’était identifié au 25 août 2026. Opens  et Certiforma  le constataient encore à la mi-août ; une recherche au Journal officiel, le 25, n’en a pas fait paraître.

Le premier seuil concerne l’indicateur 19. Au-delà d’un nombre d’intervenants par formation, un référent pédagogique par formation est requis. Le décret ne dit pas ce nombre.

Le second concerne l’indicateur 20, coché pour l’apprentissage seulement. Lorsque la proportion d’heures d’enseignement réalisées par des intervenants permanents passe sous un seuil, le prestataire met en œuvre des modalités renforcées de supervision pédagogique. Le décret ne dit pas ce seuil.

L’absence de chiffre n’efface pas le reste du libellé. L’effectivité du suivi à distance s’applique sans attendre le nombre d’intervenants. La supervision renforcée des CFA, elle, attend un seuil pour se déclencher — mais le reste du tableau n’attend rien. Consigner déjà qui intervient, sur quelles heures, sous quel statut, ce n’est pas spéculer sur l’arrêté : c’est tenir la matière que l’arrêté viendra seulement chiffrer.

N’inventez pas le chiffre. Ne copiez pas un mapping approximatif. Le Journal officiel sépare les deux indicateurs. Le 19 porte les ressources, le distanciel et le référent, pour toutes les catégories. Le 20 porte les permanents et la supervision, pour l’apprentissage seulement.

Ce que cela change pour un responsable qualité

Si vous reconstituez le dossier Qualiopi à chaque cycle d’audit — tableur des taux, mails des sous-traitants, captures de plateforme —, le 1er novembre ne vous donne pas un délai. Il vous change le texte contre lequel ce dossier sera lu.

Ce n’est pas le même exercice que ce que les contrôles d’apprentissage exigent comme preuves. Cet article porte la chaîne d’assiduité sous la loi anti-fraude. Ici, c’est le référentiel à 33 indicateurs. Ce n’est pas non plus ce que le report de l’AI Act ne reporte pas : là, l’école est déployeur d’un système ; ici, elle est prestataire d’une action de formation.

La matière naît du travail quotidien. Les taux de l’indicateur 2 sortent d’Admissions et d’Insertion s’ils y sont tenus avec leur méthode de calcul. Le contrat de l’indicateur 27 et le planning des permanents de l’indicateur 20 passent par Intervenants. L’évaluation distincte de la satisfaction, à l’indicateur 33, passe par Évaluations. Chez Subrequest, chaque décision, chaque vérification laisse une trace datée. Le dossier sort en un geste. Nous ne certifions pas à votre place : une certification dépend de votre organisation, pas d’un logiciel.

Le périmètre que nous couvrons pour l’enseignement supérieur est décrit sur la page éducation.

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